
Pour la dernière Jam Graff’Hit de l’année c’était Perle Jam.
Après avoir réalisé deux évènements Octobre Rose, l’association a souhaité s’intéresser au mois de novembre, consacré à la sensibilisation au cancer du poumon. Suite aux travaux généreusement réalisés par la mairie de Colmar, le mur rue Billing a pu être peint. Cet évènement nous tenait particulièrement à cœur, car l’un de nos membres était atteint d’un cancer. Malgré sa maladie, il a tenu à peindre une dernière fois avec cette fresque, qui lui rend aujourd’hui hommage.
































TASH
1986 – 2025
Tash, autrefois connu sous le blaze Mise, ou encore Rémi pour sa famille, est une figure incontournable du graffiti en Alsace.
Rémi est né le 20 octobre 1986 à Mulhouse (Haut-Rhin). Originaire d’Eschentzwiller (Haut-Rhin), il fait ses premières armes dans les spots de sa région.
Ovni du graffiti, c’est derrière une apparence tranquille, des dreadlocks et une casquette vissée sur sa tête, qu’il explose des centaines de murs pendant près de vingt ans. Nove, artiste-graffeur et ami de Tash témoigne : « Un monstre du travail, sans cesse à la recherche du combo couleur parfait ou inédit. Un tortureur de lettres comme j’en ai rarement croisé. Il est immédiatement devenu un frère avec qui j’ai eu l’immense honneur de partager : chambres, murs, fêtes, réflexions artistiques et philosophies diverses car il était avant tout un vrai penseur. Il aurait pu être poète, jouer avec les mots mais c’est avec les lettres et la couleur que Rémi avait décidé de communiquer avec ses pairs. ».
Soif de rencontres et d’échanges, Tash n’hésitait jamais à transmettre son savoir aux plus jeunes ou aux débutants qui ont eu le privilège de le croiser. Sa sociabilité et sa gentillesse lui ont permis de voyager partout en France, en Europe. En partageant son art il crée des liens forts avec d’autres graffeurs. Les seules fois où il décrochait de ses bombes de peinture c’était pour aller se mesurer à la montagne. Tash dévalait en snowscoot les pistes enneigées des Vosges et des Alpes.

Sous le soleil ardent, la pluie ou la neige, c’est sans se plaindre qu’il peint. Après les jam, guitare à la main, prêt à jouer des accords reggae, Tash fédère ses « copeintres » en été autour d’un feu ou en hiver chez lui, dans son musée alsacien.
C’est sous son impulsion que se forme le « GE » (Grand Est). Tash appelait ce concept une « appellation d’origine » que tous les graffeurs du Grand Est pouvaient signer. Il écrivait : « Si tu peins des murs et que ton numéro de téléphone fixe commence par 03… Malgré toi tu fais partie de la famille des GE. ».
Tash a dédié sa vie à la peinture et à tout ce qui concerne le graffiti. Il a marqué des graffeurs partout en France en partageant sa pratique, son style et ses valeurs. Il n’a cessé de dédier sa vie au graffiti et cela même lorsqu’il a appris sa maladie. Tash avait compris avant tout le monde qu’il ne gagnerait pas ce dernier combat. Peignant encore plus et ce jusqu’à son dernier souffle, il réalise une dernière peinture rue Billing à Colmar (Haut-Rhin) avant de tirer sa révérence quelques jours plus tard, le 12 novembre 2025.







